Commémoration du 11 novembre

Une légère brume, un soleil voilé, un temps propice au recueillement et au devoir de mémoire, telles étaient les conditions de ce rassemblement matinal, devant notre monument aux morts, au coeur de notre village.

Une cérémonie simple, comme l’avait souhaité et annoncé notre maire Fabienne-Blachot Minassian, qui regroupait plusieurs drapeaux, sapeurs-pompiers, les enfants de notre école, les élus municipaux et un nombreux public.

Virginie, jeune élue municipale, a lu le discours du ministre.
Fabienne a rappelé la mémoire de Charle Repellin, notre ancien combattant maquis de Chambarand, qui nous a très récemment quitté. En présence de son épouse et de son fils, elle a lu le discours (joint ci-dessous) qu’elle a prononcé lors de son enterrement.
Les écoliers, quant à eux, ont repris à deux reprises, à capella et sous la direction de leur professeur, La Marseillaise, notre hymne national.

   

   

 

Cher monsieur Repellin

Je me dois de mettre mon écharpe tricolore pour vous rendre un dernier hommage. Même si le témoignage que je vous fais est teinté de beaucoup d’affection personnelle, il est aussi celui de tous ceux que vous avez côtoyés dans notre village. Au-delà, celui de la nation qui veut encore aujourd’hui mettre à l’honneur le maquisard que vous étiez.

Depuis vendredi les voureysiens se rappellent l’homme brave, admirable, exemplaire et dévoué  que vous étiez.

Vous allez  me manquer dans ma mission de premier magistrat de la commune. Les fonctions de maire – que vous respectiez plus que tout – étaient beaucoup plus faciles à assumer avec vous à mes côtés : votre sagesse et votre humilité me permettaient de préparer les cérémonies du 11 novembre et du 8 mai de façon humaine, vraie et surtout à la hauteur de la reconnaissance que la nation vous doit.

Respectueux de l’engagement citoyen, les élections étaient pour vous un moment important et malgré la maladie et les efforts à fournir pour vous déplacer vous veniez accomplir le devoir pour lequel vos camarades et vous-même vous étiez battus.

Les batailles vous en avez connues, des médailles vous en avez reçues. Comme convenu entre nous, je n’en ferai pas la liste, mais je vais me permettre de partager avec l’assemblée ici présente votre dernière confidence.

Il y a un mois et demi lors de votre 93ème anniversaire vous m’avez confié avoir refusé la légion d’honneur, je n’en fus pas surprise, cela illustrait bien votre modestie.

Cette reconnaissance vous la méritiez alors que pour vous vous n’aviez fait que votre devoir, mais chacun d’entre nous sait très bien que vous avez risqué votre vie pour que nos générations puissent vivre libres.

Refusant tout cérémonial, vous étiez cependant respectueux des représentants de l’Etat qui comme moi s’engagent de façon démocratique au service des citoyens. Malgré nos 44 ans d’écart vous ne manquiez pas tous les 1er janvier de m’appeler pour me présenter vos vœux. Vous vous considériez comme un simple citoyen qui est reconnaissant envers son maire, cela m’a permis de mesurer l’importance de la fonction que j’occupe et surtout de rester humble.

Vous étiez un héros, vous avez su nous transmettre des valeurs, nous expliquer avec simplicité les fondements de la république. Votre engagement au sein du maquis mais aussi auprès des autres, car je n’oublie pas votre présidence au club de retraite heureuse et votre implication dans la vie municipale, vos témoignages, chaque petit pas, chaque petit mot nous permettront de ne pas prendre le monde de haut. Saurons-nous nous servir de votre belle vie comme modèle ?

Vous allez beaucoup me manquer.

A votre famille j’adresse les sincères condoléances de toute la commune.

 

 

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