La PIE (Publication Info Energie) de l’AGEDEN

Les bâtiments performants, BBC ou passifs, sont de plus en plus nombreux. Ils imposent des règles strictes en matière d’occupation des locaux. Ainsi, on retrouve dans les scénarios des simulations thermiques des comportements type relatifs à la fréquence et la durée d’ouverture des fenêtres et portes, la gestion de la régulation. Face à ces règles, nous avons l’usager. Il est l’occupant du bâtiment, et peut être résident dans le cas d’un logement, ou salarié s’il s’agit de bâtiment tertiaire.

Chaque usager a des besoins qui lui sont propres, et il est complexe de tous les satisfaire. D’autant plus difficile qu’un bâtiment a une durée de vie supérieure au temps d’occupation des usagers, et il faudrait donc, dans un idéal, qu’il soit évolutif. Il convient donc en amont des projets de rénovation ou de construction de prévoir des concertations avec les futurs usagers, afin que le bâtiment remplisse au mieux ses fonctions. Une fois le bâtiment réalisé, quand bien même ce dernier est « intelligent », il ne faut pas qu’il le soit aux dépens de ses occupants. Lors de sa livraison, il est nécessaire d’expliquer son fonctionnement, et de donner les outils à l’usager afin qu’il s’approprie les lieux, et apprivoise de nouveaux équipements, de nouvelles façon de circuler, d’aérer, de chauffer… De plus, cette période de rodage est souvent rendue complexe par des problèmes techniques et des difficultés de communication entre le bâtiment et son occupant.

Le sujet est donc complexe, et il invite à intégrer une nouvelle mission dans le cadre des projets, en particulier dans le cadre des logements collectifs et des bâtiments tertiaires. Il faut animer des concertations entre les occupants (ou futur occupant pour du neuf), et trouver des solutions ensemble.

En Isère, des bailleurs sociaux comme Pluralis commencent à mettre en place des phases de concertation avec les locataires dans le cadre de gros projets de rénovations. Des architectes et des maîtres d’œuvres s’intéressent à la question, et nous avons même vu naître une nouvelle profession d’accompagnement à la maîtrise d’usage. L’AGEDEN a suivi de près ces évolutions, en travaillant en partenariat avec des collectivités dans le cadre de programmes européens suivis avec RAEE (Agence régionale de l’énergie). A noter notamment le programme CABEE qui a permis d’expérimenter l’accompagnement d’usage sur 5 bâtiments performants du territoire de la CAPI (Communauté d’agglomération Porte de l’Isère) et de la CCVT (Communauté de communes des Vallons de la Tour).

Lien retour d’expérience CABEE : http://vie-to-b.fr/cabee/

La « maîtrise de l’usage » des bâtiments devient plus sensible quand on cherche la performance énergétique et que l’on investit dans des solutions constructives et techniques, mais cette approche devrait être systématique dans tous les logements et l’on rejoint là des actions que l’AGEDEN promeut depuis longtemps en incitant à suivre et analyser ses consommations et à mettre en place des gestes simples qui ne peuvent se faire efficacement sans l’implication des occupants des bâtiments. Il y a encore beaucoup à faire et il ne faudrait surtout pas opposer l’approche technique indispensable (une bonne conception, des solutions techniques permettant d’atteindre la performance énergétique) et l’approche maîtrise d’usage qui est complémentaire et tout autant indispensable.

La qualité d’usage est un sujet important qui fera d’ailleurs l’objet d’une table ronde à l’issue de l’AG de l’AGEDEN le 27 Mai prochain : lien vers le programme.

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