Notre médecin partage ses dernières informations

Christian Scellier, notre médecin, nous communique les principaux éléments issus de sa réunion du 07/05/2020 avec la Dr Patricia PAVESE, chez de service d’infectiologie du CHU Grenoble.

LE VIRUS :

Il est de taille assez importante (d’où l’intérêt des masques pour le « bloquer ») et très fragile.
Il a besoin d’être dans un corps vivant (humain ou certains animaux) pour survivre et se développer. On peut le retrouver sur des matières inertes (sol, bureau, cahier) jusque 72 heures, mais il n’est vivant que pendant quelques heures.
Donc lorsque vous quittez votre salle le soir, vous êtes sûrs qu’il n’y aura plus de virus vivant le lendemain matin.
Il adore l’humidité et ne résiste pas à la sécheresse.

LES MESURES BARRIERES :

La distance : Les gouttelettes retombent vite sur le sol ; 1 mètre semble suffisant ; par précaution laissez 1,5 mètre si pas de masque.

La meilleure protection, lorsque la distance est insuffisante, est le double masque. L’idéal étant les masques chirurgicaux qui bloquent à 98% DANS LES 2 SENS, entrant et sortant. Le masque en tissu est moins protecteur mais c’est largement mieux que rien. On peut augmenter la durée d’efficacité des masques en les repassant.

Le masque FFP2 est plus filtrant mais SEULEMENT DANS UN SENS, le sens entrant. Il ne protège que le porteur du masque, pas son interlocuteur. (donc uniquement pour les professionnels de santé lorsqu’ils font des prélèvements).

La visière n’est utile que pour les yeux. Elle n’est pas hermétique et ne protège donc pas des projections de fines gouttelettes au niveau bouche et nez. Donc la visière n’est à mettre seule que lorsqu’on se tient à distance des autres. Dès qu’il y a rapprochement, il faut le masque.

Le lavage des mains : Pour éviter la contamination indirecte par les surfaces infectées. A faire très fréquemment. L’eau et le savon sont aussi efficaces que la solution hydro-alcoolique (SHA). Simplement c’est plus long. Si vous n’avez pas de SHA, n’importe quel désinfectant fait l’affaire. Les gants ne servent à rien, voire sont faussement rassurants. Ils peuvent être infectés et comme on ne les lave pas, ils peuvent vous infecter, ou votre interlocuteur. Ou alors il faut en changer très souvent.

Concernant les vêtements, le mieux est d’emmener sur votre lieu de travail une tenue de rechange, que vous mettez avant de rentrer chez vous. Pour le Dr Pavese la douche n’est pas utile (elle ne le fait pas en quittant le CHU). Vos vêtements doivent être lavés comme vous avez l’habitude de le faire. Au début on avait dit 30 mn à 60°. Mais beaucoup de vêtements ne vont pas résister. Donc comme d’habitude.

Dans le service de maladies infectieuses, Ils appliquent ces mesures tous les ans depuis 3 ans en période épidémique. Là ils ont donc poursuivi jusqu’au printemps en raison de la présence du Covid. Résultat, aucun soignant de l’unité covid du CHU n’a été infecté à ce jour.

L’EPIDEMIE

Aucun test positif dans le secteur de Grenoble, ville + hôpital, depuis presque 3 semaines (sauf EHPAD).
Le virus circule donc très peu dans notre secteur.
Le Dr Pavese a bon espoir que l’épidémie ne reparte pas avec les mesures prises. On le
saura dans 3 semaines, donc début juin.

Les traitements : Rien de spectaculaire pour l’instant. Début de réponse (partielle) mi mai avec l’étude Discovery. Mais ne se fait pas trop d’illusions.

Le vaccin : Réels progrès dans la recherche. Elle espère à l’automne prochain, mais incertain.

LES ELEVES

Les symptômes ne sont pas seulement toux et fièvre (fièvre seulement dans 26% des cas) . On peut aussi avoir perte de goût ou odorat, essoufflement, courbatures, diarrhée, fatigue brutale.

Contagiosité 2 jours avant l’apparition des premiers symptômes et 8 jours après. La quarantaine a été étendue à 14 jours par sécurité.

Les enfants sont peu malades, et peu contagieux. En 2 mois le CHU n’a hospitalisé qu’un seul enfant. Et ce n’était pas pour cas grave, mais pour raisons sociales.

Si un enfant est détecté positif, il reste absent 10 jours (consigne de l’éducation nationale). La gestion des contacts familiaux est du ressort du médecin traitant. La gestion des contacts scolaires relève de la CPAM et de l’ARS. (sauf changement dans les prochains jours, ce qui est toujours possible …)

Si un parent d’élève est détecté positif, le Dr Pavese suggère que l’enfant reste en quarantaine la même durée que son parent infecté, donc pas d’école pendant cette période de 10 jours.

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