Se rendre utile aux autres

Voilà une maxime pleine d’espoir qui n’aura jamais autant pris sens que durant cette période singulière de confinement que nous vivons tous à travers le monde.

Pourtant, s’il aura fallu le souffle chaud des épreuves de l’existence pour nous rappeler, à nous autres adultes, que l’action collective est un moteur puissant de résilience et de bien vivre ensemble, d’autres portent en eux ce souci spontané et naturel de l’autre, qui n’ont pas besoin de ces temps de coudées franches pour se rappeler que nous sommes tous reliés par le cœur, jusque dans les détails parfois insignifiants de nos existences.

Ainsi, avant le confinement, Eol, jeune Voureysien de 6 ans, avait constaté à chacun de ses retours de l’école qu’un panneau indicateur de sentiers de randonnée gisait dans l’herbe grasse, cassé, au carrefour des routes de la Fontaine Ronde et de l’Eglise.

Perturbé par ce panneau cassé, Eol demande un jour : « Papa, qu’est-ce qu’il y a écrit sur ce panneau cassé ? ». Et son père de lui répondre : « Il indiquait la direction de chemins de randonnée, pour que les gens qui se promenaient sachent dans quelle direction ils allaient ».

Et Eol, horrifié, s’exclame : « Mais ça veut dire que maintenant les gens qui se promènent vont se perdre ! Papa, on ne peut pas laisser faire ça, on va réparer ce panneau ! ».

Et tout à son enthousiasme de rétablir l’ordre des choses, Eol prend la direction des travaux, avec l’aide de son papa bien sûr. Le panneau cassé est récupéré, son poteau en bois réparé à la maison. Puis du béton est préparé, un nouveau trou est creusé dans la terre meuble, et le panneau est scellé dans sa nouvelle demeure, prêt à illuminer, comme un phare dans la nuit, le chemin des futurs randonneurs. Comme dit Eol : « Allez hop, fini de dormir, au travail petit panneau ! »

Quelle fierté dans le regard d’Eol ! La fierté du travail bien fait, et celle d’avoir travaillé pour que d’autres ne se perdent pas !

Merci Eol. Quelle humilité tu réveilles dans nos âmes d’adultes préoccupés ! Dans ton souci simple, tu nous rappelles le sens profond que prend l’action quand elle devient collective. Tu nous rappelles que l‘altruisme, ce n’est pas seulement aider les autres. C’est d’en avoir le souci même quand tout va bien, et de trouver un bonheur profond dans la réalisation de gestes qui n’attendent pas de retour.

Eol et son papa vous souhaitent de belles promenades dans notre belle commune ! Munis de votre autorisation à circuler bien sûr !

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